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La liturgie traditionnelle

La forme extraordinaire du rite romain

Sans entrer dans les détails de la liturgie dite aujourd’hui « forme extraordinaire du rite romain » héritage transmis et enrichi depuis la plus haute antiquité, soulignons seulement quelques aspects marquant, même s’ils ne sont pas exclusivement réservés à la forme extraordinaire : l’orientation de l’autel, le latin, le silence, l’atmosphère de recueillement et de sacré.

 

Les questions les plus fréquentes : 

 

  • Pourquoi dit-on la messe en latin ? 

Le latin est notre langue maternelle, tout simplement. L’Église romaine est notre mère, elle veut rassembler tous ses enfants dans l’unité d’une même langue, quelle que soit leur nationalité. Il y a ici des pèlerins de toute l’Europe, et même d’autres continents. Le latin est le signe de notre unité. C’est ainsi depuis de nombreux siècles, et cela a été encore rappelé au concile Vatican II (Constitution sur la liturgie).

  • J’ai remarqué aussi que le prêtre nous tourne le dos, à l’autel. Quelle en est la raison ?

C’est tout simple… et très beau : dès les origines, les chrétiens se sont tournés vers l’Orient pour prier. Ils ont vu, en effet, dans le soleil levant, le symbole du Christ ressuscité et de son retour à la fin des temps. On a donc tout naturellement construit les églises de telle manière que les fidèles et  le prêtre à l’autel soient tournés vers Dieu.

  • Et pourquoi communie-t-on à genoux et sur la langue ? 

Par la communion, nous recevons Dieu en nous : un Être immense que l’univers ne saurait contenir, plus grand que tous les rois, créateur des galaxies et de l’infiniment petit ! N’est-ce pas la moindre des choses de lui marquer un peu de respect ? C’est aussi pourquoi, seul le prêtre, dont les mains ont été consacrées, a le droit de le toucher de ses mains.

 

 

Le rite lyonnais 

Le propre de Lyon

Le diocèse de Lyon jouit d’une liturgie particulière qui remonte d’une manière générale à la période carolingienne (IX-Xe siècle) ; certaines cérémonies pourtant, sont des usages introduits entre le XIIIe et XVIIIe siècle, de la Primatiale Saint Jean, où la liturgie était observée dans toute son ampleur, comme il convient à l’église de l’évêque et du chapitre. Tel qu’il se présente aujourd’hui, le rite lyonnais est, avec celui des Chartreux et des Dominicains, une survivance des anciennes liturgies romano-françaises qui se formèrent dans nos diocèses à l’époque de Charlemagne, lorsque cet empereur imposa les livres et le cérémonial romains, les substituant à ceux de la vieille liturgie gallicane fort négligée par ailleurs.

Les origines chrétiennes de l’Eglise de Lyon, fondée par des Asiates, Pothin, Irénée, venus de Smyrne, pourraient laisser croire à des influences orientales dans les rites également. L’histoire autant que l’étude comparée des documents ne permet pas d’accepter pareille supposition : les divergences entre les liturgies d’Orient et d’Occident ne remontent pas jusqu’aux premiers siècles, et tous les livres liturgiques lyonnais, sources des rites actuels, accusent une étroite dépendance avec les textes de la liturgie romaine du VIIIe siècle.

Cette organisation de la liturgie à Lyon fut l’oeuvre de Leidrade, évêque nommé par Charlemagne et restaurateur de toute la discipline ecclésiastique ; exécutant les instructions impériales, il appliqua les usages rituels de Rome avec une fidélité que ses successeurs et le chapitre primatial maintinrent religieusement jusqu’au XIIIe siècle.

La messe pontificale lyonnaise, avec sept acolytes, sept sous-diacres, sept diacres et six prêtres assistant l’archevêque, dépend directement des «Ordos» romains carolingiens. Les rites des messes chantées à cinq ou trois ministres sont des réductions postérieures, et ceux de la messe basse, comme ceux des messes de rite romain, restent des compressions de la messe chantée, dont ils gardent le formulaire et le dispositif d’ensemble. L’Ordinaire de la messe lyonnaise est une variante de celui des messes romaines comme en avaient tant d’autres églises particulières, mais que Lyon a conservé plus strictement.

Malheureusement, on n’y a pas été aussi fidèle à garder intactes les autres parties du Missel : à partir du XVIIIe, on s’est trop rapproché des livres romains de saint Pie V ou des livres parisiens, et au XIXe on n’a rien osé reprendre d’un passé que le présent ne saurait oublier ni sacrifier.

Le Propre des Saints, ou Sanctoral, est très fourni, il exprime magnifiquement la fécondité spirituelle de l’Eglise de Lyon. C’est donc l’une des parties les plus riches de sa liturgie, les notices rédigées pour chaque fête le montrent bien. Le Sanctoral Lyonnais peut se diviser en quatre sections correspondant aux quatre périodes : primitive, mérovingienne, médiévale et moderne.

Dans la première, se trouvent avec les apôtres Pothin et Irénée, les martyrs «locaux» telle que Blandine et ceux des églises tributaires de Lyon : Chalon, Tournus, Vienne, Valence, Viviers.

Dans la seconde série, toute la suite des saints évêques lyonnais, les martyrs contemporains, Rambert, Didier, Léger, Priest, les évêques voisins comme Bonnet et les fondateurs des grands monastères de la région.

Dans le troisième groupe, moins nombreux, des évêques locaux : Agobard, Barnard, Jubin, auxquels il faut joindre des saints du calendrier romain ayant eu des attaches avec Lyon : Saints Thomas de Cantorbéry, Anselme, Bonaventure…

La quatrième série est la plus compacte, allant du XVIe avec François-Régis et s’arrête momentanément au XIXe avec Thérèse Coudec, en passant par Claude La Colombière, les martyrs de septembre, le Curé d’Ars et les admirables martyrs des Missions, ainsi que Saint François de Sales mort à Lyon, St Vincent de Paul dont le coeur est vénéré à la Primatiale, et pour les serviteurs de Dieu dont on demande au Seigneur la glorification ; les martyrs lyonnais et foréziens de la Révolution, J.-P. Colin et Marcellin Champagnat, fondateur des Pères et des Frères maristes, Ozanam, Pauline Jaricot et M. Gonin pour ne nommer que les plus connus.

A tous les âges, la vie chrétienne a eu, dans la noble métropole de Gaules, ses modèles, ses héros, qui attestent de la générosité de sa foi autant que de la charité des premiers apôtres, ses Pères, qui lui apportèrent le don de la grâce au Christ.

 

Introduction d’une édition lyonnaise du Missel Quotidien et Vespéral du Révérend Père Morin, 1850.